L’automne s’installe et avec lui l’actualité musicale, et notamment les premières annonces de festivals.
Mais POGO s’étant affiché dès le départ comme un média engagé, il était important pour nous de vous exprimer nos sentiments sur l’actualité brûlante de notre pays.


Les manifestations lycéennes

La Gen Z. La génération Tik Tok.
Eux, auxquels nous reprochons d’avoir grandi avec les avancées technologiques.

Leurs revendications sont avérées : état insalubre de certains lycées, manque de professeurs, emplois du temps sans queue ni tête, la chaleur et le froid dans les salles de classe, Parcoursup…
Cette génération abreuvée certes par la technologie mais surtout par la peur. La peur de l’avenir, du monde qu’on leur laisse. Rongée par l’anxiété, par le Covid, par la violence du monde. Victimes du changement climatique, gavés à la publicité, à la surconsommation, à la course à la popularité.
Ces jeunes qui se font traiter d’abrutis et de branleurs parce qu’ils osent demander de meilleures conditions pour étudier.
Ceux qui font des fautes d’orthographe sur leurs pancartes et qui se font lyncher par les donneurs de leçons des réseaux sociaux, dont les commentaires sont… truffés de fautes d’orthographe.

Ceux dont les parents ont manifesté avec les Gilets Jaunes (Ah oui mais eux c’est pas pareil, c’était pour la bonne cause, les jeunes c’est juste pour foutre le feu aux poubelles ou sécher les cours).
Y-a-t-il vraiment des branleurs parmi tous ces adolescents qui bloquent les lycées et manifestent ? Des profiteurs ? Des glandeurs ? La réponse est évidemment oui. Comme dans toutes les tranches de population en fait.
Pour autant, faut-il fustiger les autres ?
Des poubelles qui brûlent (les gens en ce moment ont l’air d’avoir une empathie particulière pour elles). Des abribus et des vitrines cassées. Quelques lycées qui partent en fumée. Des casseurs. Des opportunistes.
Également des jeunes élevés à la violence qui ne connaissent que cette façon de s’exprimer.
Bien sûr que je préférerais que mes impôts servent à payer des profs.
De tous temps, de tous combats, la violence a toujours été là.
Un festival de CRS. Une flopée de flics comme on n’en a jamais vu. (Vous savez combien ça coûte de les armer au fait ?)
Des enfants amputés, étranglés, des mâchoires cassées, de la lacrymo comme s’il en pleuvait. Des images insoutenables. Viscéralement inacceptables.
Des vies gâchées.
Des gens qui souffrent en regardant ces images. Des gens qui ont mal au monde.
Et puis des gens qui disent « C’est bien fait pour eux »…

Je compare à ce que je connais

Les soignants aujourd’hui, en psychiatrie, en EHPAD, aux urgences… Leur quotidien c’est malheureusement : insultes, menaces, coups, agressions sexuelles.
Quand ils décident de passer la porte d’une gendarmerie pour porter plainte, on leur répond « Ce sont les risques du métier ».
Quand on ne leur rit pas simplement au nez

Sauf que le soignant ne porte pas de casque, de bouclier ni de matraque. Il n’a pas le droit de répondre.
Il n’a que sa blouse. Et son burn out.
Et lui n’est pas soutenu par son ministre de la Santé.
Pas tous les flics dans le même panier.
OK.
Les jeunes non plus du coup ?
Dans quel état d’esprit honteux un pays peut-il en être réduit à ça ?
Bienvenue dans le monde réel, et non pas dans une dystopie, où un pays démocratique agresse impunément des enfants en direct à la télévision, sous couvert d’ordre public.
Et dans lequel la population accepte de manger goulûment la soupe qu’on lui sert à grands coups de médias dirigés par des multimilliardaires.
Manifester est un droit, point.

Pourquoi ils dérangent autant ces jeunes ?

Pourquoi veut-on les faire taire ?
(Ah oui j’ai oublié, les poubelles…)
Parce qu’ils ont compris qu’on les prend pour des cons !
Parce qu’ils s’informent, ils fouinent, ils cherchent à comprendre le monde merdique dans lequel ils vivent…
Il paraîtrait même que certains ouvrent des livres d’Histoire !
Ils réclament une meilleure éducation, on leur répond : Ordre. Travail. Mérite.

Quid de l’écoute ? De la bienveillance ? De l’épanouissement ?

Est-ce qu’ils doivent vraiment être punis pour ceux qui avant eux ont accepté de passer une vie faite de métro-boulot-dodo sans autres aspirations ?
Et qui, en plus, ont détruit la Planète.
« Sois jeune et tais-toi » semble toujours d’actualité.
Pourquoi les générations qui ont souffert souhaitent-elles aux suivantes de souffrir tout autant ?
Ça fait quand même beaucoup de souffrance tout ça…
Essayez peut-être de couper vos télévisons, vos réseaux sociaux.
Il existe d’autres médias que BFM.
La violence attire la violence, c’est pas nouveau.
Vous verrez vos algorithmes modifiés.
Au lieu de voir des poubelles qui brûlent, les discours nauséabonds de politiciens incompétents, les jeunes qui «agressent » les flics équipés comme des Stormtroopers, vous verrez autre chose.

Vous verrez des jeunes qui rêvent juste de liberté

Des parents, des profs, des élus, des soignants, des agriculteurs, à leurs côtés.
Des manifestations qui se passent dans le calme en majorité.
Des jeunes, qui conscients d’être privilégiés pour certains, viennent soutenir leurs camarades qui le sont moins.
De la solidarité.
De l’émotion.
De l’humanité.
Et même de la musique.
Tentez de vous souvenir de votre adolescence.
Avez-vous oublié cette révolte bouillonnant en vous, couplée à des hormones qui s’affolent, et à des injonctions contradictoire : « Tu n’es plus un enfant ! » mais « Ne te mêle pas des choses d’adulte ! »…

Où sont passés vos rêves ? Votre idéalisme ?

Les enfants d’aujourd’hui, qui seront les adolescents de demain, ceux à qui on reproche leur insolence, de plus en plus tôt.
Peut-être que ce que nous appelons insolence n’est qu’un bon mélange de liberté d’expression et de questionnements, dont la plupart d’entre nous n’ont pas pu bénéficier petits.
Peut-être est-ce une preuve d’intelligence, tout simplement.
A l’heure où prétendument le gouvernement aurait fait de la santé mentale une priorité nationale : on se déchire, on s’insulte, on harcèle, on rabaisse, on réprimande, on frappe. On parle d’argent, de bénéfices, de mérite, de sondages d’opinion.
Pas de nuances, pas de discussions. De la violence, encore.
Peut-être faut-il simplement arrêter de reporter nos frustrations, notre colère, notre ras-le-bol sur nos enfants.
Ils nous entendent nous plaindre, incessamment. Du prix de l’essence, des courses. Des salaires qui eux n’augmentent pas. Contrairement aux taxes diverses et variées, aux impôts, à l’électricité… De la politique mondiale, malveillante.
De la violence, partout, tout le temps, quelle que soit la forme qu’elle prenne.

Et vous voudriez qu’ils se taisent ?

Nous ne sommes pas la bien-pensance.
Nous n’avons pas la science infuse.
Nous sommes des parents.
Nous sommes la sensibilité.
Nous sommes la culture.
Nous tentons de porter l’espoir.

A bientôt, pour poursuivre cette réflexion, qui sera évidemment accompagnée de musique.


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